Goulwenn Tristant

Interview

Interview

22 septembre 2000 0 commentaires

Quel âge avez-vous ?

34 Ans

De quelle région êtes-vous originaire ?

De la région parisienne, plus particulièrement, Plaisir (78) mais mes vraies origines se trouvent en Bretagne à l’île de Groix et en Normandie, du côté de St James.

Quelle est votre profession ?

Je suis actuellement sapeur pompier de Paris, détaché dans les services de la caserne de Voluceau (78) et également pompier volontaire dans la ville de Plaisir (78)

A quel âge avez-vous commencé le sport ?

J’ai toujours eu le sport en moi et l’ai toujours pratiqué plus ou moins. Je n’ai jamais excellé dans ce domaine, mais m’y suis toujours amusé. Je m’y suis véritablement mis intensivement quand j’ai postulé pour les pompiers de Paris en 2003. Pour la première fois j’ai commencé à courir régulièrement, j’avais alors 22 ans.

 

« Moi, le sportif du dimanche ! »

 

 Quelles sont vos qualités sportives ?

Il y en a qu’une seule, qui en résume deux : mon mental. Ma capacité à m’interdire l’abandon et les excuses.

Et votre plus gros défaut sportif ?

Ma nature physiologique. Je suis un grand dormeur et un bon vivant. Pour être en forme, il me faut un minimum 9-10 heures de sommeil par nuit. Ce n’est pas du tout concevable et en adéquation avec la pratique de mes activités sportive et encore moins avec ma profession de pompier. Encore une fois, le mental doit compenser ce manque de sommeil. C’est très difficile et pénible à la fois.

Quel est votre sport préféré ?

Incontestablement le football, suivi des sports de combats.

Rien à voir avec l’Ultra distance ?

Non du tout ! J’ai pratiqué le football  pendant plus de 8 ans mais les compétitions collectives ont fini par me lasser ! Je voulais vraiment découvrir le sport individuel. J’ai moi-même un côté solitaire et individualiste dans ma nature. Dans le sport individuel, si tu gagnes, c’est pour toi et si tu perds, c’est pour toi aussi ! Finies les excuses des sports collectifs, c’est de la faute d’untel ou untel, non dans le sport individuel, il n’y a pas d’échappatoire…enfin si, il reste l’arbitre avec qui j’ai connu des mésaventures en combat de boxe pour m’être fait voler des combats sur décision absurde, mais bon, c’est le sport !

 

« L’Ultra Trail, ma révélation mentale »

 

 

Comment êtes-vous arrivé à l’Ultra distance et quel a été le déclic ?

Je porte ça en moi depuis mon plus jeune âge, sauf que je n’avais pas de connaissances suffisantes (amis) pour me motiver à me lancer. Le déclic est venu lors de ma première mutation professionnelle chez les pompiers de Paris à 26 ans. Je suis arrivé au CFC (Centre des formations des cadres), où une équipe de Trail s’était mise en place. Quelques mois avant le Trail des « templiers », un des inscrits a eu un empêchement et m’a donné son dossard. Sans le savoir, ça a été le début d’une grande aventure ! Enfin j’allais pouvoir m’exprimer sur une longue distance (68 km). Un grand moment de joie, avec pour chrono 9h23, une 2ème place du groupe pompiers et 384ème/2222 « finisher ». Correct pour un premier Trail longue distance.

Pourquoi avoir choisi l’Ultra distance ?

L’Ultra distance est arrivé dans ma vie, à un moment où je me cherchais beaucoup. Il est arrivé par challenge. Je voulais me prouver que j’étais capable de me dépasser dans la vie. Je voulais voir aussi ce que j’étais capable de faire, jusqu’où je pouvais aller mentalement. C’est un très bon moyen de prendre le dessus sur soi. J’ai appris beaucoup, autant dans la victoire de devenir finisher que dans la défaite lorsqu’il faut arrêter une course. Mais ne perdez pas de vue que le bonheur doit être associé à ce type de compétition ou type de challenge, car sans le plaisir, vous irez droit à l’échec !

Comment abordez-vous un Ultra ?

Sereinement ! Je n’ai pas de pression ni d’appréhension particulière. Le plaisir est là et c’est bien ça l’essentiel ! Je sais que la souffrance m’accompagnera pendant la course, je sais aussi qu’il y aura de grands moments d’émotions. C’est une remise en question et une  envie permanentes de vouloir me dépasser.

 

 

« La boxe, les combats et la compétition, l’espoir d’un nouveau départ… »

 

 

Vous pratiquez également les sports de combats en dehors de l’Ultra distance ?

Oui et cela depuis 2003, lorsque j’ai décidé de me remettre au sport pour mon concours des pompiers de Paris. J’ai commencé par le Full contact et le kick boxing pendant 5 ans, durant lesquels j’ai enchaîné les combats. Hélas, ne retrouvant pas de club près de chez moi en région parisienne et confronté à un planning professionnel ultra chargé, j’ai dû arrêter car je n’avais plus le temps de m’entraîner. J’ai basculé vers le karaté contact avec les pompiers et j’ai repris les combats. Par la suite j’ai repris l’entrainement en boxe Thaïlandaise ainsi que les combats. Par manque de temps, mais également en raison de mon intérêt pour d’autres disciplines sportives comme l’Ultra triathlon, j’ai dû, momentanément, renoncer à la boxe et aux combats.

Avez-vous mis un terme aux combats de boxe ?

Absolument pas ! Je manque cruellement de temps et c’est un sport dans lequel, contrairement à la course à pied ou au triathlon, il faut être deux pour le pratiquer et aussi avoir un niveau identique pour progresser. Outre ce facteur, je n’ai jamais retrouvé le club de mes débuts à Perpignan auquel j’étais très attaché, humainement parlant. Cela dit, ça ne m’empêche pas d’avoir encore de beaux objectifs en tête dans ce domaine. Un jour, si les circonstances familiales ou professionnelles me le permettent, je ferai mon retour sur les rings, car j’y crois et ma motivation est intacte.

Vous semblez nostalgique par rapport à ce sport ?

Oui très nostalgique. C’est plus qu’un sport que j’ai découvert, c’est une façon d’être, un comportement. J’ai construit ma vie, mes objectifs et mon quotidien sur les mêmes principes qu’un combat. Me refuser à abandonner et toujours me relever, même dans les moments les plus difficiles, tel un boxeur qui va au sol lors d’un combat et qui doit se relever pour continuer d’avancer. Outre les valeurs que m’a apprises cette discipline, j’ai rencontré un entraîneur. Le premier à avoir su me transmettre l’amour de son sport avec de vraies valeurs humaines. J’y avais fondé de très gros objectifs, malheureusement je n’ai pu les réaliser à cause d’un déménagement et des contraintes professionnelles. Le fait d’avoir dû me séparer de mon entraîneur, seule personne en qui j’avais confiance en sport, a perturbé mes projets.

Quels sont les souvenirs qui vous ont marqué dans les sports de combat ?

Il y en a eu plusieurs. Le côté humain et humble des boxeurs essentiellement.

La connaissance d’un grand entraîneur, Anthony Elkaim, qui m’a transporté dans son sport. Aussi la boxe est arrivée dans ma vie pendant une longue période de chômage et d’interrogations sur moi. J’ai pu en profiter pour suivre certains boxeurs professionnels du club à travers toutes le France et leur servir de sparring-partner pendant les entraînements. Découvrir les galas les plus prestigieux en étant à leurs côtés. Outre l’aspect sportif de ce monde de la boxe, le combat qui m’a le plus marqué autant physiquement, qu’émotionnellement, à été mon combat face à Karim Gajji en finale des championnats de France de karaté-contact en 2009. Affronter un très grand de ce monde de la boxe et aux multiples ceintures internationales, restera un grand souvenir.

 

 

« L’Ironman de Nice, mon premier triathlon »

 

 

Quand avez vous commencé le triathlon ?

En 2011 où j’ai commencé mon tout premier triathlon par l’Ironman de Nice. Mon plus beau souvenir sportif !

Commencer directement par un Ironman n’est pas commun ?

Non du tout. Avec du recul et connaissant le niveau que j’avais en 2011, en natation notamment, mais aussi en vélo, je me dis que quelque part, j’ai été assez culotté de m’y inscrire. Surtout que l’inscription n’est pas donnée et qu’à cette époque je ne roulais pas sur l’or. Mais bon, cette confiance qui m’a toujours animé, a fait que j’ai réussis à passer ce cap et à passer outre les critiques et la négativité de certains qui me voyaient échouer. J’ai eu raison de ma confiance car elle m’a permis par la suite de découvrir bien plus grand qu’un Ironman.

Combien d’heures par semaine consacrez-vous à l’entraînement ?

Je n’ai pas de programme sportif. C’est aléatoire ! Ma profession et mes activités extra professionnelles ne me permettent pas de m’établir un planning d’entraînement. Je peux passer plusieurs semaines sans pratiquer quoi que ce soit, tout comme je peux enchaîner des heures et des heures d’entraînement et cela à répétition. S’il le faut, je suis capable de m’entraîner des nuits entières. Ma motivation à m’entraîner viendra par la compétition.  Généralement je commence par m’inscrire à des compétitions et ensuite seulement,  je m’entraîne pour. La compétition est ma carotte pour avancer et progresser.

En termes de nutrition, comment procédez-vous lors de vos compétitions d’Ultra ?

La grande question qui intrigue beaucoup de personnes ! Autant je peux avoir un gros mental dans l’effort, mais concernant la nutrition c’est « 0 » sur toute la ligne ! Je n’ai pas de programme nutritionnel ni avant, ni pendant une compétition. A mes débuts en Trail, je faisais comme tout le monde avec ces fameuses boissons énergétiques ou autres barres. Mais le constat ne s’est pas fait attendre, je n’arrivais pas à les digérer et j’ai dû me rabattre sur ce que j’appelle du naturel… saucisson, céréales, noix de cajou ou autres barres chocolatées. Pour les boissons c’est de l’eau naturelle avec des sirops, un point c’est tout. Et jusqu’à présent, cela me va très bien. En sport, comme pour la nutrition, il me faut prendre du plaisir, sinon cela ne fonctionne pas. Pour la petite histoire il m’arrive même, quand la compétition le permet, de prendre des hamburgers avec moi. C’est important de manger gras pendant des courses d’Ultra, le corps a besoin de ça !

 

 

                                                                                         « Ma drogue ? Prendre du plaisir et m’amuser ! »

 

 

Que vous manque-t-il aujourd’hui pour faire un podium dans une compétition majeure ?

En faire un objectif !

« Pleure à l’entraînement et tu riras en combat ! » Moi, je ris à l’entraînement ! Plus sérieusement, même si cela reflète mon comportement, il me manque du temps pour m’y investir. Je pense également ne pas avoir assez confiance en moi pour viser le podium. Une personne pour m’y accompagner me serait d’une grande aide. L’Ultra, et plus généralement, la compétition à haut niveau ne s’improvise pas ! Travail, travail et travail !

On sent une certaine frustration en vous dans le domaine du sport ?

Oui totalement ! Beaucoup parleront de moi comme d’une « machine » pour reprendre leur terme, mais moi je suis frustré de mon niveau sportif. Frustré de ne pas pouvoir m’épanouir dans la compétition comme je le voudrais. Je connais réellement les efforts à accomplir pour côtoyer le haut niveau en sport. Ma tête ne cesse de me le demander mais je suis actuellement dans l’incapacité de fournir à ma tête et à mon corps leur besoin de compétition et de haut niveau à cause d’une surcharge d’activité professionnelle et de projets qui me rendent ces rêves, pour le moment, impossibles. En réalité le plus frustrant est d’avoir conscience que vous pourriez faire comme les meilleurs, mais qu’il y a un facteur dans votre vie qui vous en empêche. J’ai les mêmes envies débordantes qu’un gamin de 20 ans qui ne rêve que d’entraînement et de compétition de haut niveau mais pour le moment, je dois me contenter de faire de la « figuration ». Après je ne vais pas aller pleurer, je suis content de ce que j’ai pu accomplir jusqu’à présent et je remercie surtout mon corps de m’en avoir donné l’occasion.

Le sport c’est votre drogue ?

Non du tout, juste un moment de plaisir, que je m’efforce de partager. Ce n’est pas mon métier et je ne suis pas rémunéré pour cela. C’est un amusement, un challenge permanent pour apprendre à me dépasser. En 2013, par manque de motivation et de temps, j’avais totalement arrêté de m’entraîner mais n’avais pas arrêté la compétition pour autant, car j’avais besoin de cet amusement. Le jour où je serai contraint de mettre un terme à mes activités sportives, se sera l’occasion pour moi de m’ouvrir à autre chose.

 

 

« Peu importe ton niveau, ta force ou ton expérience. La volonté d’agir t’amènera là où tu veux aller »

 

 

Quels sont vos meilleurs souvenirs sportifs ?

De très loin, l’Ironman de Nice en 2011 et il le restera pendant encore très longtemps et ne sera peut être jamais égalé sportivement parlant. Partir de « 0 » dans une compétition, ne pas savoir nager, ou tout juste laborieusement la brasse, ne pas aimer la pratique du vélo et commencer sa préparation vélo et natation tout juste 4 mois avant le top du départ. N’avoir jamais pratiqué un seul triathlon auparavant, me voir donné perdant par presque tous mes proches ! Mais pas par moi ! Moi je savais, j’avais confiance en moi-même. C’est à ce moment là que je me suis réellement découvert un mental et j’ai appris énormément sur moi. A ce grand moment d’émotion, succède mon autre souvenir d’être devenu « finisher » du triple Ironman de Lensahn en 2014, 3 fois la distance Ironman (11.4 km de natation, 540 km de vélo puis 126.6 km de course à pied). Là aussi,  beaucoup de gens me voyaient perdant en raison de mon manque de niveau à enchaîner ces 3 disciplines sportives (natation, vélo et course à pied) avec d’aussi longues distances. Peu importe, dans ma tête j’étais programmé à le réussir.  Suivra un mois plus tard, mon ascension du Mont Blanc en solitaire. Ma toute première ascension en montagne. Un grand moment de peur et de solitude, mélangé à des émotions de joie et de bonheur, qui m’ont transporté jusqu’à 4810 mètres. Une grande remise en question avec moi-même pour trouver les solutions afin d’arriver au sommet. Là, encore une fois, personne pour vous rassurer ou vous guider, c’est à vous de vous débrouiller seul et c’est ainsi que mentalement on progresse. C’est ce qui me sert de moteur dans mon quotidien.

Le triple Ironman puis l’ascension du Mont Blanc. Qu’est-ce qui vous anime dans ces challenges ?

Pour le triple Ironman de Lensahn, je voulais simplement redécouvrir les sensations et émotions que j’ai vécues en 2011 lors de mon Ironman de Nice. Je ne voulais pas forcément faire directement un triple Ironman mais plutôt un double. Un triple me paraissait énorme par rapport à mon niveau sportif, mais après avoir passé des heures et des heures sur internet à essayer de trouver un double, j’ai dû me rabattre sur l’inscription au triple Ironman de Lensahn, car c’est bien le seul que j’aie trouvé et qui n’était pas trop loin de la France. De là, à commencer une préparation mentale pour me convaincre, moi seul, que je pourrais y arriver. Et j’en suis devenu finisher !

Pour le Mont Blanc, j’avais prévu de le faire en 2015. Seul souci, je n’aime pas attendre et remettre au lendemain ce que je pourrais faire de suite. Nous étions encore en été (2014) et j’ai pris la décision d’y aller avec ma novice attitude deux mois plus tard. Durant ces 2 mois, je me suis plus ou moins renseigné sur le matériel et autre tracé, et à un cœur vaillant j’ai pris mes responsabilités d’y aller en solo. Je ne voulais absolument pas prendre de guide, pour me retrouver seul à résoudre les différents problèmes que j’aurais pu rencontrer pendant l’ascension. Je voulais apprendre de moi-même. Cependant j’aurais aimé partager cette aventure, et entraîner une autre personne dans ma confiance mais cela me semblait trop dangereux et on me l’aurait sûrement reproché. Au final, j’y suis arrivé sans trop de difficultés. Encore une fois j’ai beaucoup appris sur moi-même et ne regrette en rien cette ascension. A refaire, mais cette fois-ci, en la partageant avec d’autres.

Quelle a été votre compétition la plus difficile ?

Incontestablement le prestigieux Ultra Trail « Tor des géants » en 2011, 330 km de montagne avec au menu 24.000 mètres de dénivelé positif ! Vous vous rendez compte ! Trois fois la hauteur de l’Everest ou bien deux fois la distance de l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc) ou deux fois la distance de la « Diagonale des fou » à la Réunion ou encore deux fois la distance de la fameuse course de la Barkley aux USA. Une course où j’ai d’avantage souffert mentalement que physiquement, essentiellement à cause de mon manque de sommeil. J’ai dormi 12 heures en 6 jours.

 

 

« La traversée de la Manche à la nage pour l’été 2016 »

 

Quels sont vos futurs objectifs en Ultra distance ou autres compétitions à venir ?

J’attends impatiemment de découvrir le domaine de l’Ultra natation en mer. Me réinvestir aussi dans l’Ultra Trail afin de connaître d’autres terrains que celui de la montagne, tels que le marathon des sables, la prestigieuse course des 4 déserts ou encore le marathon des glaces. Dans mes futurs projets, je veux aussi découvrir les courses de swim-run. D’autres terrains m’intéressent beaucoup comme la compétition en ski alpinisme. Il faudra faire des choix mais j’espère vraiment connaître tous ces « terrains de jeux ».

Vous nous parlez, d’Ultra distance en natation. Pouvez-vous, nous en dire d’avantage sur  vos objectifs ?

Oui, j’ai commencé l’Ultra distance par les Trails, puis continué cette discipline de l’Ultra par le triathlon, puis par le vélo en ayant participé au mythique Bordeaux-Paris en 2014. Aujourd’hui, la seule discipline du triathlon que je n’ai pas explorée en Ultra distance, est celle de la natation. Et cette discipline de l’Ultra natation je compte bien la pratiquer en m’engageant sur la traversée de la Manche à la nage pour 2016, appelée aussi « L’Everest de la natation ».

Voila pour le programme d’Ultra natation.

Vous nous dites vouloir pratiquer l’Ultra distance en natation avec pour objectif la traversée de la Manche à la nage, alors que vous vous décrivez comme un piètre nageur ! Ce n’est pas cohérent ? C’est de la folie un tel challenge !

Non, je ne perçois pas le sport ainsi, ni même la vie. Je ne m’arrête pas aux simples lacunes physiques que je peux avoir. Dans les défis ou même dans la vie, il faut apprendre à voir beaucoup plus loin et aussi à composer avec vos lacunes. Ne pas s’arrêter à de simples écueils. Tous les êtres humains possèdent en eux des lacunes mais aussi de grandes qualités. Et ce sont ces qualités qu’il faut apprendre  à mettre en avant afin de s’en servir de moteur. Il faut avancer dans la vie et continuer de grandir, au lieu de vous focaliser sur vos points faibles ou lacunes. Faites le tour de vos qualités et servez-vous en pour gommer ce qui vous fait défaut. Bien sûr que vouloir prétendre effectuer la traversée de la Manche à la nage peut être vu comme une pure folie. Je me documente beaucoup sur cette traversée, m’imprègne des conseils des anciens qu’ils l’ont déjà réussie, ou même ceux qui auraient échoué. Pour un tel défi, il ne faut rien négliger. Il me faudra avaler des centaines de kilomètres de nage avant le jour J et être prêt à affronter n’importe quelle condition météo. Mais il me faudra surtout un mental irréprochable. Il faut bien garder à l’esprit que l’entraînement, fera partie de seulement 20% du succès. Les autres 80% iront se chercher dans la tête. L’Ultra fonctionne ainsi et pas autrement.

Au-delà de ces défis, tous aussi fous les uns que les autres, n’avez-vous pas peur de mettre votre vie en danger ?

Il y aura toujours une part de risque, que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans le sport. Oui, sûrement que ma vie est davantage exposée que celle d’une personne qui restera cloîtrée chez elle ou qui se limitera à courir des 10 km. Mais où est la garantie que cette personne sera mieux préservée que moi physiquement ou qu’il ne lui arrivera rien ? Rien ne le garantit, absolument rien. En revanche, moi, je suis assuré de vivre des moments et des émotions magiques. Au-delà des risques que je peux prendre, j’ai appris à me connaître et je sais de quoi je suis capable ou pas. Je n’irais pas me lancer bêtement dans une aventure au risque d’y laisser ma vie. Tous mes défis sont calculés avec le facteur risque qui leur est propre.

 

« Objectif 2015 :

Les championnats du monde d’Ultra triathlon »

 

Vouloir toujours aller plus haut dans vos défis, a pour but d’établir de futurs records ?

(Rire). Absolument pas ! Les records, je laisse ça à la race des champions. Vouloir établir des records, c’est se plier à une rigueur contraignante, à une philosophie de vie, en faire tout simplement un objectif de vie. Moi je vous le répète, le sport est un amusement et rien d’autre. Mais ça ne m’empêche pas, cependant, d’y avoir de beaux objectifs et de voir grand. Le monde est à nous.

Envisagez-vous une reconversion dans le sport ?

Pas dans l’immédiat. Je veux d’abord me faire ma propre expérience et ce, dans plusieurs domaines sportifs. Accumuler un maximum d’expériences en compétition et aussi en maturité, ensuite on verra. Mais une reconversion en préparateur mental sera une évidence dans la continuité de mon expérience sportive. Le côté business n’est pas à exclure non plus !

Quels sont vos futurs projets dans le sport ?

Remettre au goût du jour un semi-marathon dans ma ville de Plaisir (78) ou d’autres courses assimilables. Il est inconcevable pour moi, qu’une ville de plus de 35.000 habitants comme celle de Plaisir, ne possède pas son propre semi-marathon ou autre course à pieds ! Il a déjà existé dans les années 90, alors pourquoi ne pas le remettre au goût du jour ? J’ai bien d’autres projets sportifs et économiques pour cette ville, mais ils se trouvent encore à l’état d’embryon. À suivre…

 

 

« Avoir confiance en soi et savoir prendre ses responsabilités »

 

Quels sont vos objectifs pour 2016 ?

Faire une grosse saison aux championnats du monde d’ultra triathlon et m’élever le plus haut possible. Mais attention, je ne néglige pas mon corps, lui seul m’en donnera le feu vert car une saison complète aux championnats du monde d’Ultra triathlon représente tout de même l’équivalent de 33 Ironman en tout juste 6 mois. Sans compter qu’au programme pour cet objectif, je serai aligné également sur 5 autres ironman en vu d’une bonne préparation physique. Pour 2016, mon programme se résumera à 38 ironman et à autant d’émotions et de découvertes sur moi même et le sport !

Un titre mondial en Ultra triathlon est-il envisageable ?

(Rire)… « Nous vivons une vie, nous en rêvons une autre, mais celle que nous rêvons est la vraie »

Propos recueilli par Linda LABIDI

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